dimanche 23 janvier 2011

Urbana-Champaign

Un jour et demi, donc, de divers rendez-vous puis nous sommes parties pour Urbana-Champaign, Illinois, où Andrea (ancienne responsable des relations internationales de l'université d'Illinois) et son mari Martin nous attendaient dans leur magnifique maison. Tous les deux sont allemands et cela change tout ! Outre leur âge (qui doit être assez proche du mien), leur vie et leur maison restent organisées d’une manière très européenne. Nous avons reçu un accueil très chaleureux. J’avais déjà eu l’occasion, l’année dernière, d’être invitée à un dîner chez Andrea et j’avais eu un vrai coup de cœur pour cette femme énergique et enjouée. Ces 3 jours passés chez elle me l’ont fait encore davantage apprécier. Anne aussi a été conquise par ce couple fin, intelligent, cultivé, tout en restant d’une grande simplicité. Un vrai plaisir !
Là encore, nous avions une chambre chacune dans cette belle maison remplie de souvenirs deleurs nombreux voyages : Brésil, Thaïlande, Indonésie, Chine, Mexique,…

Mercredi matin, le séjour a mal commencé… Anne a dû partir seule à nos rendez-vous à l’université pendant qu’Andrea m’accompagnait chez le médecin. La neige était tombée toute la nuit et recouvrait le paysage. Il faisait gris et très froid.







Nous avons enchaîné des rendez-vous toute la journée, jusqu’au soir où nous avions rendez-vous avec un professeur qui viendra en mars à Purpan. Un homme vraiment intéressant. Tout le monde nous avait chanté ses louanges et c’était bien justifié : une énergie, un enthousiasme, une intelligence... A la suite d’un accident, John s’est retrouvé paraplégique mais son fauteuil roulant ne limite pas sa vie puisqu’il revenait il y a quelques jours à peine d’un voyage en Colombie et au Costa Rica… Il a l’air très heureux de venir passer une semaine en France.

Le lendemain matin, encore un peu plus de neige mais un ciel d’un bleu profond et un grand soleil faisaient luire les arbres et les maisons sous leurs habits blancs. Nous sommes parties à l’université à pied (une vingtaine de minutes). Il faisait si froid que j’avais de petits cristaux de glace accrochés à mes cils. Quand nous sommes arrivées à l’intérieur des bâtiments, ils ont fondu en quelques secondes et mon maquillage a quitté mes yeux… Terrible !!! Nous avons appris qu’il faisait… -22°!!! De ma vie, je n’avais jamais rencontré une telle température. Lorsque nous sommes allées déjeuner, j’ai été obligée de mettre mon écharpe sur mes joues et mon nez car je ne sentais plus aucune sensation sur mon visage.

Une deuxième longue journée de rendez-vous s’est écoulée et le soir, nous sommes allées dîner en compagnie d’Andrea et de Martin dans un bon restaurant. Excellente soirée où nous avons beaucoup discuté. Martin est un généticien spécialisé dans les plantes (« plant breeder »). Mes connaissances scientifiques étant très proches du zéro, je lui ai demandé de m’expliquer en quoi consistait son travail. Ce qu’il a fait d’une manière très simple et très claire ; c’était vraiment passionnant.

Le lendemain matin, nous avons accompagné Andrea dans une boulangerie-pâtisserie théoriquement française (ce qui serait plutôt vrai, si ce n’étaient les glaçages qui recouvrent les pains aux raisins et autres viennoiseries) et nous avons pris un délicieux petit-déjeuner tous ensemble.

Ensuite, départ sous la neige ; il ne fait plus "que -14°" !!! Anne dit qu’il fait « plus chaud ». Moi, je dirais plutôt qu’il fait « moins froid »… Tout est question de point de vue, n’est-ce pas ??? Nous partons pour St Louis où Anne et moi avions décidé de passer le week-end. Lundi, nous devons nous trouver à Columbia, Missouri, pour la dernière étape de notre voyage.

Purdue

A peine revenue de Pékin (le samedi après-midi), me voilà repartie aux USA (le lundi à l’aube). Ce ne serait pas un problème si je ne traînais pas un mauvais rhume que j’ai ramené de Pékin…
Pour diverses raisons dont je vous fais grâce ici, j’ai aussi connu quelques petits soucis techniques (téléphone et ordinateur), ce qui fait que je n’ai pas pu disposer à ma guise d’une connexion internet. Je n’ai donc pas pu, comme à l’accoutumée, approvisionner mon blog quotidiennement. En conséquence, je vais raconter ici quelques petites anecdotes et faits qui nous ont marquées, Anne et moi. Car il faut vous dire que je suis partie avec Anne, un tout jeune enseignant-chercheur de l’Ecole. J’ai beaucoup de chance de voyager avec elle : elle m’aide vraiment et n’hésite pas à prendre le relais pour me laisser me mettre en retrait (car malheureusement, mon état de fatigue généralisée m’a un peu éprouvée).

Nous sommes donc arrivées à Chicago sous la neige, avons récupéré la voiture de location (une grosse Chevrolet noire) et avons filé vers Lafayette, Indiana, où Kara, la responsable des relations internationales de l’université de Purdue nous attendait chez elle.



Miracle du GPS + les explications que Kara nous avait données à l’avance, nous avons trouvé sans problème sa jolie maison. Située dans un tout nouveau lotissement, dans une longue rue toute droite et bien enneigée, cette grande maison (environ 150 m²) abrite juste ce petit couple. Du coup, nous avions une chambre pour chacune et devions partager notre salle de bains.



Au moment du dîner, nous avons pris place autour de la table et attendions que la maîtresse de maison donne le signal du début du repas ; nous avons eu la surprise de nous entendre proposer de dire les grâces. Honneur que nous avons décliné, Anne et moi. Kara a donc pris la parole pour demander à qui de droit un bon voyage pour nous, une bonne santé pour moi, un bon travail pour nous tous ensemble. Par la suite, Anne et moi avons réalisé que nous n’avions plus dit de benedicite depuis nos années de scoutisme…

Le matin, nous étions seules pour le petit-déjeuner. Nous avons découvert 2 placards emplis de boîtes de céréales. Je vous laisse deviner combien il y en avait… 3 ? 10 ? 15 ?... non, non, allez, plus !!! 48 boîtes de céréales. Oui, oui, vous avez bien lu : 48 boîtes de céréales. Sur la photo, vous ne pouvez même pas toutes les compter puisqu’elles sont sur 2 niveaux dans ce placard !!!



Un jour et demi de divers rendez-vous puis nous sommes parties pour Urbana-Champaign, Illinois

dimanche 16 janvier 2011

Karaoké à Pékin

J’avais décidé de ne pas écrire d’article pour ce voyage à Pékin. Cela fait maintenant un bon nombre de fois que j’y vais, toujours au même hôtel, dans la même université et pour y raconter les mêmes choses. Je ne voudrais pas vous lasser, cher lecteur !
Mais hier, nous avons vécu quelque chose de tout à fait spécial : la fête de l’université qui sert à mettre à l’honneur tous ceux qui sont allés à l’étranger pendant l’année. En notre qualité d’étrangers nous-mêmes, nous étions conviés et avions même une place centrale. On nous avait même demandé d’assurer le spectacle : une chanson ou une danse étaient attendues de notre part avec un grand enthousiasme.
Nous pensions qu’il s’agissait d’une cinquantaine de personnes en vrac dans une salle. Mais non ! Des rangées de tables s’alignaient sagement ; environ 150 convives étaient assis comme pour une conférence, avec des chevalets portant leur nom devant eux et une belle assiette remplie de fruits (petites bananes, arachides, mandarines, graines de tournesol,…) apportait ses couleurs vives sur les nappes d’un rouge non moins vif. Une estrade faisait face à l’assemblée et les « performers » se succédaient. Le vice-président de l’université et une collègue, les chefs de département, les professeurs, les étudiants, tout ce petit monde, pêle-mêle, a poussé la chansonnette, dansé des danses traditionnelles ou de petits ballets, récité des poèmes et joué des saynètes. Et nous aussi !
Nous nous étions creusé la tête pour trouver un numéro sympa qui nous éviterait d’être trop ridicules (quoique… la notion du ridicule en Chine est bien loin de la nôtre…). Nous avons opté pour le légendaire Frère Jacques. Jef, Géraldine et moi avons d’abord chanté ensemble. Puis nous avons annoncé à la foule en délire que nous avions besoin d’elle : nous avons partagé la salle en deux, Jef a mené une partie et moi l’autre, et nous avons entonné un magnifique canon ! Au début, chacun chantait dans sa langue (car Frère Jacques est aussi connu en Chine même si ce n’est pas la même histoire…), puis chacun a fait l’effort de répéter ce qu’il entendait en français ou en tout cas, a chanté « en yaourt ». Je peux vous assurer que nous avons eu un franc succès !
Petite réflexion : les Chinois adorent chanter, même ceux qui chantent extraordinairement faux. La notion de note fausse ou juste est une valeur scientifique et incontournable, c’est possible. Mais la notion de beauté qui y est associée est très discutable : ce qui nous paraît beau parce que juste n’est qu’une « vue » de l’esprit. Vous qui êtes occidentaux, écoutez donc des airs d’opéra pékinois et vous penserez que les chanteurs doivent beaucoup s’entraîner pour chanter aussi horriblement… C’est terrible et ça nous arrache des hurlements ! Nous avons eu, dans la soirée, un morceau de ce type et c’était vraiment impressionnant. Mais à côté de cela, nous avons aussi eu de magnifiques morceaux, brillamment interprétés. Et puis… nous avons aussi entendu le pire. Un professeur qui a passé 8 ans en Italie a voulu chanter « Volare » a capella. C’était… indescriptible !!! Jamais je n’avais entendu chanter aussi faux ! Comme nous connaissons très bien ce professeur, nous voulions lui apporter notre soutien. Jef a été très compatissant. Mais moi… je n’ai vraiment pas pu m’empêcher… un fou rire m’a prise, c’était tellement… disons… spécial… pour nos oreilles qu’il m’a été impossible de garder mon sérieux !
Nous avons aussi écouté une dame qui a récité un poème. C’était d’une beauté étrange. Bien sûr, je n’ai pas compris un seul mot de son poème, mais c’était dit avec un tel respect, une telle douceur que la récitante a su faire passer toute son émotion. C’était vraiment magnifique !
Une petite étudiante a interprété « la danse du paon », d’une sensualité étonnante, et deux autres une danse du folklore traditionnel, pleine d’énergie et de sourire. C’était très joli et très intéressant.
En guise de bouquet final, une valse a été lancée et 5 ou 6 hommes et femmes (chinois) se sont précipités sur les invités que nous étions pour nous faire danser sur la scène. Et là… grand moment de solitude ! La danse est certainement l’un des domaines dans lequel je suis la plus nulle ! Le monsieur, bel homme de surcroit, m’a prise dans ses bras et a commencé à me faire tourner. Impossible pour moi d’attraper son tempo, j’étais à contre-temps de tous ses mouvements, je lui ai consciencieusement écrasé les pieds tout au long de ces 2 minutes qui ont constitué pour moi une véritable torture. Je voulais bien faire, j’essayais de le rattraper mais ce faisant, je passais d’un pied sur l’autre et j’étais totalement ridicule. Je devais avoir l’air d’un ours de foire se dandinant sur la musique du tambourin. Au rayon du ridicule, j’ai dû atteindre des sommets ! A côté de moi, je regardais du coin de l’œil Jef qui faisait de son mieux pour compter les pas et relever l’honneur de la France. Pas facile !!!
La soirée s’est terminée autour d’un buffet avec plein de bonnes choses à manger. Nous avons pu discuter avec plein de professeurs qui semblaient heureux de partager ces moments avec nous.

dimanche 26 décembre 2010

Vendredi bis

Aujourd'hui, veille de Noël. Le Réveillon, c'est ce soir. C'est une peu bizarre ici. Rien ne nous rappelle que nous sommes à Noël, à part quelques jolies jeunes filles très court vêtues de costumes de Mère Noël qui attirent le chaland.
Nous avons décidé d'aller voir le musée de Edo. Edo, c'est l'ancien nom de Tokyo. Mais avant cela, nous sommes passées au petit musée des sumos qui se trouve juste à côté. Quelques costumes anciens mais surtout une vidéo qui tourne en boucle montrant des combats de sumos. Très impressionnant !



Le musée de Edo expose la ville telle qu'elle était au XVIIème siècle. Des maisons, en maquette et en taille réelle, des figurines grandes comme des santons de Provence et des personnages à taille humaine, des outils de la vie quotidienne... Nous avons pris un guide qui parlait anglais et il nous a raconté plein de choses très intéressantes.







Le soir, nous nous sommes préparé une assiette de sushi de Noël (c'est ce que nous avons décrété !). Et pour faire un peu "fête", nous avons préparé des crêpes !

jeudi 23 décembre 2010

Jeudi bis

Aujourd'hui, c'était l'anniversaire de l'Empereur, jour férié. A cette occasion, nous avions lu dans les guides que le palais impérial était ouvert au public et que Sa Majesté allait même apparaître à la foule. Nous avions décidé de nous joindre aux Japonais pour voir cette légende vivante en chair et en os.
Mais quand nous avons mis le nez dehors, ce matin, il faisait si doux et l'air était si clair (après la pluie de cette nuit) que nous nous sommes dit que c'était le jour ou jamais pour voir le mont Fuji depuis le 60ème étage de la tour d'Ikebukuro. Tout le monde nous avait dit qu'il fallait de la chance pour voir le fameux mont enneigé. Et bien, nous l'avons eue !!! Effectivement, l'air était transparent et le ciel magnifiquement bleu. Pour la modique somme de 6€ (ah quand même !!!), nous avons pris l'ascenseur de la tour. Emilie n'était qu'à moitié rassurée, elle qui n'aime pas trop les hauteurs... Mais cela en valait la peine !
Les images de la ville de 251 m d'altitude, avec ou non la vue sur le Mont Fuji, se passent de commentaires...













L'océan Pacifique en fond:


En redescendant, nous sommes allées manger des chirachi (du riz avec du poisson cru, j'adore !), puis nous avons décidé d'aller au palais impérial, à Chiyoda (quartier de Tokyo). Malheureusement, la visite ne pouvait se faire que le matin !!! Du coup,trop tard, pas d'empereur ! Nous avons fait une partie du tour du palais, mais une partie seulement car c'est absolument immense. Voici quelques photos prises depuis l'autre côté des douves :








Pour rentrer, comme nous n'étions pas trop loin de la maison (tout est relatif, n'est-ce pas ???), nous avons décidé de faire le trajet à pied. Nous avons traversé le parc de Kitanomaro, dans lequel il y a le fameux Nippon Budokan, salle de combat d'arts martiaux qui accueille aussi des concerts. C'était le cas ce soir : dès 15h, une foule sagement en rang attendait ses idoles, les Alfee (???), qui devaient donner un concert à 20h !.




Puis nous avons continué avec le parc Yasukuni qui abrite un temple et surtout un mémorial (controversé, je crois) pour les soldats morts au combat. Nous y avons même vu 2 hommes habillés en soldats de la seconde guerre mondiale. Un peu bizarre...






Pour finir, nous avons abouti dans un petit jardin japonais magnifique.






Mercredi bis

Journée un peu plus calme : Emilie a un rapport à rendre à l'université et elle a travaillé consciencieusement toute la matinée. Oserai-je dire qu'après le petit-déjeuner, je me suis installée sur le canapé où j'ai tranquillement fini ma nuit... jusqu'à 11h30 !!!
L'après-midi, nous sommes retournées au temple Senso-ji ainsi qu'à Kapabashi, le quartier où l'on trouve la magnifique vaisselle japonaise. En fait, nous y étions déjà allées mais un jour où il faisait froid et gris. Au contraire, cette fois-ci, un beau soleil nous a accompagnées. Puis nous avons marché au hasard des rues.

Le temple Senso-ji






Non, ce n'est pas une croix gammée, dont le dessin n'est pas orienté dans le même sens. Il s'agit d'un svastika, symbole religieux de l'éternité utilisé dans diverses religions dont l'hindouisme, le bouddhisme, ... Une énorme urne était remplie de bâtonnets d'encens que les gens ajoutaient, puis avec des gestes doux, ils faisaient circuler la fumée de leurs prières sur leurs cheveux, leurs vêtements, pour qu'elle les imprègne de ses bienfaits


Dans une petite rue derrière le temple, tous les rideaux métalliques des magasins étaient peints.




Emilie en mémère japonaise :


Au détour des ruelles, l'entrée d'une maison :


Un buisson perdant ses fleurs :

mercredi 22 décembre 2010

Mardi bis

Mardi, nous nous sommes décidées à sortir de Tokyo. On nous avait indiqué Kamakura, petite ville à 1h de train. C'est parti !
En fait, nous croyions voir la campagne japonaise mais Tokyo est tellement étendue que nous n'avons vu que des maisons et pas l'ombre de cultures agricoles. Si l'on compte les habitants de Tokyo et ceux des villes voisines qui ne forment qu'une seule agglomération, on arrive à 37 millions d'habitants !! Impressionnant !
Nous avons marché un peu, depuis la gare pour aller jusqu'à l'Océan Pacifique. Pour Emilie comme pour moi, c'était la première fois. Le temps n'était pas aussi ensoleillé que les autres jours, mais la température était douce.


En revenant vers le centre de Kamakura, nous avons marché dans de petites rues bordées de jolies maisonnettes, simples mais élégantes, dont certaines semblaient assez anciennes. Il régnait dans ce quartier une tranquillité vraiment douce.


Nous nous sommes ensuite promenées en ville et avons fait du shopping. Les prix étant nettement plus abordables qu'à Tokyo, nous y avons trouvé de très belles choses. Puis nous avons continué la balade par le temple Tsurugaoka Hachimangu. Malheureusement, la nuit tombant vers 16h30, la pénombre commençait à gagner et les photos ne sont pas forcément très belles.




Comme dans les autres temples, nous avons vu ces petits papiers recouverts de voeux.


Un pousse-pousse, c'est pour les touristes, hein ? Nous n'avons pas voulu essayer (mais il faut dire qu'on l'avait déjà fait en Chine) !